Stage 1 - Storytelling
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“I remember, I must have been seven or eight years old, no more. We were in Kabylia, my mother was there, next to me, churning milk, which she put in a calabash. You know, a kind of butter churn. She churned it with this movement (moving his hands holding the strings of the calabash on either side, causing it to swing). And as she did her work, she would punctuate it with words, ideas, songs, sighs. Sometimes she would even cry, or smile at times. As I grew up, I realized that she was simply confiding in her instrument, because she had no one else to talk to."
Idir, Kabyle song writer (1945-2020)
Interview in “Fabrique des sens” 24-02-2013
Translation from French by Sawsan CurationChurn, churn
Churn, churn, give us some white butter, churn, churn, to fill the jar
Churn, churn yourself little milk, give us the lump of butter we hoped
Calabash in my hands, you’re my confidante
We know what hunger is, but singing softens misery
We are going to churn, my calabash knows how to do it
My buttermilk will be stirred and separated, by the grace of my ancestors
Churn, churn, give us some white butter, churn, churn, to fill the jar
Churn, churn yourself little milk, give us the lump of butter we hope for
Calabash, it´s enough now, you see it’s getting late
Please, reward my efforts
I churned with measure and precision, the butter floats and wriggles,
I got a measure and a half for the old woman and the children
Churn, churn, give us some white butter, churn, churn, to fill the jar
Churn, churn yourself little milk, give us the lump of butter we hoped
« Ssendu, ssendu » (Churn, churn), song by Idir, 1973
Translation from French by Sawsan Curation
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“Je me souviens, je devais avoir sept ou huit ans, pas plus. Nous étions en Kabylie, ma maman était là, à côté de moi, en train de battre du lait, qu’elle a mis dans une calebasse. Vous savez, une espèce de baratte. Elle le battait en faisant ce geste-là (mouvements des mains tenant de chaque côté les cordelettes de la calebasse). Et quand elle faisait son acte, son travail, elle le rythmait aussi des mots, d’idées, de chants, de soupirs. Ça lui arrivait de pleurer des fois même, d’esquisser un sourire à des moments aussi. Ayant grandi, je me suis rendu compte alors qu’elle ne faisait que se confier à son instrument, parce qu’elle n’avait pas d’interlocuteur valable.”
Idir, chanteur-compositeur Kabyle (1945-2020)
Interview dans la “Fabrique des sens” 24-02-2013Baratte, baratte
Baratte, baratte, donne-nous du beurre blanc pour que l’on remplisse la jarre
Bat, bat babeurre, donne-nous la motte de beurre espérée
Calebasse entre mes mains, c’est toi ma confidente
On sait ce qu’est la faim, mais le chant adoucit la misère
Nous allons baratter, ma calebasse sait bien s’y prendre
Mon babeurre sera brassé et séparé, par la grâce de mes ancêtres
Baratte, baratte, donne-nous du beurre blanc pour que l’on remplisse la jarre
Bat, bat babeurre, donne-nous la motte de beurre espérée
Calebasse, ça suffit maintenant, tu vois bien qu’il se fait tard
Je t’en prie, récompense mes efforts
J’ai baratté avec mesure et précision, le beurre flotte et frétille
J’ai obtenu une mesure et demi, pour la vieille et les enfants
Baratte, baratte, donne-nous du beurre blanc pour que l’on remplisse la jarre
Bat, bat babeurre, donne-nous la motte de beurre espérée
« Ssendu, ssendu » (Baratte, baratte), chanson d’Idir, 1973
Traduction de Mounir Kechar, adaptée par Sawsan Curation